17 septembre 2013

Le château de Königstein, ancienne résidence grand-ducale

Mariés en 1851, le duc Adolphe de Nassau et son épouse, née princesse Adélaïde-Marie d'Anhalt-Dessau, ont entrepris un voyage de noces qui les a notamment amenés dans la ville de Königstein im Taunus, à une vingtaine de kilomètres de Francfort. Le couple avait alors logé à l'ancien hôtel d'Amsterdam, dans la rue principale, et la duchesse de Nassau avait été charmée par cette bourgade. Si bien que sept ans plus tard, le duc Adolphe a acquis pour elle une modeste bâtisse. Cette maison de deux étages était à l'origine l'ancienne résidence officielle d'été des princes électeurs de Mayence. L'électorat était passé au duché de Nassau en 1803. Achetée en 1820 par Christian Dörr, c'est sa veuve qui l'occupa après sa mort et ensuite son fils, Georg Karl Dörr, l'a proposa à la vente. C'est le 9 avril 1858 que le duc Adolphe de Nassau en a fait l'achat pour très exactement 49.582 florins et 51 kreuzer. Le couple ducal, accompagné de leurs fils Guillaume, ont effectué leur entrée solennelle à Königstein le 5 septembre suivant.

Entrée du château surmontée d'un balcon portant le monogramme
d'Adélaïde-Marie rehaussé par la couronne ducale
Photo : Carl Friedr. Mylius, Histor. Museum Frankfurt a.M

L'ours gardant les armoiries
de Saxe et d'Anhalt
situé au-dessus d'un fronton
Dans les années qui ont suivi, quelques petits aménagements ont été décidés. Un terrain contigu a été acheté afin d'y installer les cuisines et des appartements pour le personnel. En 1866, le duché de Nassau est annexé par la Prusse. Bien que le duc Adolphe ait pu ensuite bénéficier d'un arrangement très avantageux, au niveau financier mais aussi sur la propriétés de plusieurs châteaux se situant dans l'ancien duché, se considérant comme un souverain exil, il décida de vivre désormais entre Vienne, Francfort et son domaine bavarois. Seul le château de Königstein a échappé à cette règle, même si c'était surtout Adélaïde-Marie qui y résidait volontiers, alors qu'Adolphe préférait le château de Hohenburg en Haute-Bavière, où il pouvait s'adonner à la chasse, sa grande passion.


Plan réalisé par Gédéon Bordiau en 1873
Entre 1875 et 1877, sur des plans établis par l'architecte belge Gédéon Bordiau, qui a d'ailleurs travaillé en 1890 pour l'extension du Palais grand-ducal, la propriété a connu diverses transformations visant à faire de cette demeure un petit château. Ainsi, une tour octogonale a vu le jour, tout comme des lucarnes décoratives. Une extension a été construite avec des briques importées de Belgique. Le coût total des travaux dépassait de peu les 140.000 florins. Le parc a été doté d'une roseraie, d'une fontaine et de serres contenant des plantes exotiques. Une maison de thé a fait son apparition quelques années plus tard.

Vues de l'intérieur vers 1910
Photos : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia)

Vues de l'intérieur vers 1910
Photos : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia)

Jusqu'au décès d'Adélaïde-Marie, l'édifice comprenait une soixantaine de pièces. Au rez-de-chaussée, se trouvaient notamment des salons, une salle à manger, deux bibliothèques et un fumoir. Le tout était richement orné de stucs et de colonnes de marbre. Au premier étage se trouvaient les appartements de la princesse Hilda de Nassau, fille du couple ducal, ainsi que plusieurs salles de bain, trois salles de séjour ou encore un jardin d'hiver. Artiste talentueuse, la duchesse de Nassau a installé son atelier de peinture au deuxième étage. Quant au grenier, il accueillait quatorze chambres destinées au personnel.


Atelier
Photo : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia

Atelier (© Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia)


Le château de Königstein fut un lieu de rencontre, où les membres des familles de Nassau, d'Anhalt et de Hesse étaient régulièrement conviés. Mais des invités très prestigieux s'y sont succédé, apparentés au couple ducal, comme durant l'année 1883 : le roi Christian IX et la reine Louise de Danemark, le roi Georges Ier et la reine Olga de Grèce, le roi Oscar II et la reine Sophie de Suède (beau-frère et demi-sœur du duc Adolphe), le roi Guillaume III et la reine Emma des Pays-Bas, ainsi que la tsarine Maria Feodorovna de Russie. L'année suivant, ce fut au tour de l'impératrice Elisabeth d'Autriche. C'était aussi depuis Königstein qu'Adolphe est parti pour le Luxembourg afin d'y effectuer en 1889 une première régence. Il est devenu l'année suivante le souverain du grand-duché.  

Arrivée de la famille en 1908
Photo : Margarete Birk

En novembre 1905, Adélaïde-Marie prit les habits de veuve à la suite du décès de son époux au château de Hohenburg. Sa propriété de Königstein devint alors son refuge et, faisant œuvre de charité et de mécénat, elle apparaissait comme la bienfaitrice de la ville. Les habitants firent également preuve de gratitude à son égard car elle continua à y faire venir des représentants d'autres maisons royales. Ainsi, le 21 août 1908, l'empereur Guillaume II y fit un passage très rapide mais néanmoins commenté. Il s'agissait de la première visite d'un Hohenzollern à la grande-duchesse Adélaïde-Marie depuis 1866 et l'annexion du duché de Nassau par la Prusse. La maîtresse de lieux appréciait également y recevoir sa fille Hilda et ses petites-filles, notamment Marie-Adélaïde et Charlotte à qui elle dispensait des leçons de dessin.

Fête des enfants organisée au château en 1905 en présence de trois petites filles d'Adélaïde-Marie
Photos : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia

C'est dans son château de Königstein que la grande-duchesse Adélaïde-Marie a rendu son dernier soupir, en pleine guerre, le 24 novembre 1916. La propriété est alors passée à sa fille, Hilda, l'épouse du grand-duc Frédéric II de Bade qui a perdu son trône au sortir de la Première Guerre mondiale. Elle a résidait pour la dernière fois à Königstein en 1951 avant de décéder l'année suivante à Badenweiler. N'ayant pas d'enfant, c'est la grande-duchesse Charlotte qui hérita du château. Les meubles précieux ont alors pris le chemin du château de Berg avant que le château ne soit vendu dans les années 1950. Achetés par la ville en 1970, les lieux abritent depuis 1981 les autorités judiciaires de Hesse. En souvenir de ses anciens occupants, le château est aujourd'hui appelé le Luxemburgisches Schloss

Les deux dames de Königstein : Adélaïde-Marie et Hilda

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Sources principales :

- Ellengard Jung, « Dat Schloss "Koenigstein" », Königsteiner Burgfest, 2008, pp. 35-39
- Beate Großmann-Hofmann, Stadarchiv Königstein, « "Herrschaftliche" Besuche auf Schloss Königstein », Königsteiner Burgfest, 2008, pp. 63-65

15 septembre 2013

En attendant le mariage du prince Félix : interview des fiancés

Le mariage civil du prince Félix de Luxembourg et de Claire Lademacher se tiendra ce mardi 17 septembre à la Villa Rothschild Kempinski, à Königstein im Taunus en Allemagne. C'est le bourgmestre de Königstein, M. Leonhard Helm, qui officiera. L'arrivée des familles est prévue à 12h30. Etant invité à la Joyeuse Entrée des souverains belges à Mons, je ne pourrai suivre l'événement et je ne peux que vous diriger vers Luxarazzi ou Noblesse & Royautés. Royalement Blog vous proposera tout de même un article de circonstance : le château de Königstein, ancienne propriété de la famille grand-ducale.


C'est dans le sud de la France, en la basilique de Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, que se déroulera le samedi 21 septembre, à partir de 11h, le mariage religieux du deuxième fils du grand-duc Henri avec celle qui sera déjà depuis quelques jours la princesse Claire de Luxembourg. Présidée par l'archevêque de Luxembourg, Mgr. Jean-Claude Hollerich, la cérémonie accueillera plusieurs membres de familles régnantes et non-régnantes, ainsi que des personnalités politiques. A 13h, les invités seront conviés à une réception privée.

En attendant ces deux dates, je vous propose de découvrir l'interview que le couple a accordé au Luxemburger Wort (propos recueillis par Hülya Atasoy) :

Comment vous êtes-vous rencontrés et depuis quand êtes-vous un couple?

Prince Félix: Nous nous sommes rencontrés en 2001 en Suisse à l'internat international Beau Soleil à Villars-sur-Ollon. Nous fréquentions alors tous les deux cet établissement dans le cadre de nos études. Une grande amitié s'est développée au fil des années. Elle constitue le début et les bases de notre amour.

Savez-vous déjà où vous allez vous installer après le mariage?

Prince Félix: Je viens de finir mes études supérieures en obtenant un master en bio-éthique. Je dois à présent gagner moi-même ma vie et subvenir aux besoins de ma future famille.

Claire: En parallèle à la promotion à laquelle je travaille, nous avons décidé de nous installer dans le sud de la France et d'y exploiter un vignoble appartenant à notre famille.

Pourquoi votre mariage a-t-il lieu dans deux endroits et deux pays différents?

Prince Félix: La tradition veut que la cérémonie de mariage ait lieu dans le pays natal de la mariée. Nous avons souhaité conserver cette tradition et ainsi marquer une forme de respect envers la famille de ma future épouse. En outre, l'histoire de Königstein et celle de la famille grand-ducale sont liées, ce qui renforce la symbolique du choix de lieu du mariage.

Claire: Nous aimons nous souvenir des magnifiques vacances que nous avons passées dans la propriété de mes parents près de Lorgues ainsi que chez mes futurs beaux-parents à Cabasson, tous les deux, en famille ou entre amis. L'idée de nous marier en Provence est arrivée spontanément. Nous voulions prolonger ces moments précieux avec nos proches.

Pouvez-vous dévoiler à nos lecteurs combien de personnes sont invités à la noce?

Prince Félix: Nous attendons 370 invités.

Le voyage de noce est toujours un moment particulier dans la vie de jeunes mariés. Où allez-vous passer la vôtre?

Prince Félix: Nous partirons le lendemain de notre mariage et je me chargerai personnellement de l'organisation. C'est une tradition de notre famille de ne pas révéler le lieu du voyage de noce à la future mariée. Vous comprendrez donc que je ne dévoile rien de la destination.

11 septembre 2013

Naissance prochaine chez Marie-Christine et Rodolphe

Au mariage de l'archiduc Christoph en décembre 2012,
suivis par Imre et Kathleen qui attendent aussi un enfant
Photo : L'Est Républicain / Pierre Mathis
Lors du 90ème anniversaire en janvier 2011 de son grand-père, le grand-duc Jean, l'archiduchesse Marie-Christine avait dévoilé quelques rondeurs. Près de trois ans auparavant, le 6 décembre 2008, elle épousait à Malines le comte Rodolphe de Limburg Stirum. Et le 19 avril 2011, naissait à Buenos Aires en Argentine, là où le couple s'est installé après son mariage, le comte Léopold, Menno, Philippe, Gabriel, François-Xavier, Marie Joseph, Ghislain de Limburg Stirum.

Le 17 septembre prochain, son cousin le prince Félix se mariera civilement avec Claire Lademacher en Allemagne, suivi de l'union religieuse le 21 septembre dans le sud de la France. L'occasion d'y voir la fille aînée de la princesse Marie-Astrid de Luxembourg et de l'archiduc Carl-Christian afficher son charmant ventre rond? Peut-être pas. La seconde naissance, très prochaine, pourrait empêcher l'archiduchesse Marie-Christine d'assister aux noces. Le couple apparaît peu en public et n'a pas communiqué sur cette future naissance, mais c'est désormais presque impossible à cacher à l'heure des forums royaux spécialisés et des réseaux sociaux (comme pour l'archiduchesse Kathleen). Les rumeurs persistantes m'ont d'ailleurs été confirmées par des proches du couple. 

En tous cas Royalement Blog tient déjà à exprimer aux parents ses plus sincères vœux de bonheur!  

9 septembre 2013

Archives : à la Schueberfouer en 1988

La 673e édition de la Schueberfouer se clôturera ce mercredi 11 septembre. L'occasion d'évoquer ce rendez-vous festif luxembourgeois et de présenter des archives datant de septembre 1988.

 
De gauche à droite : le grand-duc héritier Henri, la princesse Pierre Galitzine, le prince Guillaume et la grande-duchesse héritière Maria-Teresa
Les enfants : le prince Félix, la princesse Tatiana, l'archiduchesse Marie-Christine, le prince Guillaume, la princesse Alexandra (dans la poussette), la princesse Xénia, l'archiduc Imre et le prince Louis
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 

Cette foire (« Fouer » en allemand) a été créée par une charte du 20 octobre 1340 de Jean Ier (1296-1346), dit l'Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême par mariage. Devant se dérouler à l'origine huit jours durant, dont le début est fixé en relation avec la Saint-Barthélemy le 24 août, la foire était initialement située au Schuedbuerg sur le plateau du Saint-Esprit. C'est d'ailleurs de ce lieu que proviendrait le nom de la foire, même si pour certains il est à rapprocher du terme allemand « Schober » désignant un endroit couvert pour stocker le foin. Ce marché placé au carrefour d'une importante route du commerce de l'Europe s'est ensuite appelé « Schuedbermis », puis « Schuebermëss » et enfin « Schueberfouer ».
 
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 
 
Ce grand marché, rejoint par la suite par un marché de bétail, a gardé sa forme originale jusqu'à la Révolution française. Si ce n'est qu'en 1610 cet événement a déménagé au Limpertsberg car le site était devenu trop petit. A partir du XVIIIe siècle, la foire a commencé à prendre les habits d'un lieu d'amusement avec notamment des jeux d'adresse et des concerts. En 1893, afin de permettre l'urbanisation du Limpertsberg, la foire a pris ses quartiers au champ du Glacis, lieu qui accueille encore aujourd'hui la Schueberfouer.

 
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 

Avec les années, la foire s'est étoffée et modernisée, si bien qu'elle est considérée aujourd'hui comme l'une des plus importantes d'Europe, accueillant en moyenne deux millions de visiteurs. Depuis plusieurs décennies, elle fait également le bonheur des jeunes générations de la famille grand-ducale. C'était le cas en septembre 1988 pour Guillaume, Félix et Louis, emmenés par leurs parents, le grand-duc héritier Henri et la grande-duchesse héritière Maria-Teresa. Accompagnés de leur oncle Guillaume, les petits princes avaient pu compter sur la présence de Marie-Christine et Imre, leurs cousins (enfants de la princesse Marie-Astrid et de l'archiduc Carl-Christian). Sans oublier la princesse Pierre Galitzine (née archiduchesse Maria-Anna), vivant alors au grand-duché avec sa famille, qui avait emmené ses filles, Xénia, Tatiana et Alexandra. L'occasion bien sûr de profiter des manèges en toute insouciance.
 
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)