24 décembre 2013

Archive : Noël au Belvédère en 1965

Sous le regard de leur mère la princesse Paola, Philippe, Astrid et Laurent prennent une part active à la crèche, montée à l'occasion de Noël au château du Belvédère en 1965.

 


C'est par cette archive que je tiens à souhaiter aux lecteurs de Royalement Blog un très heureux Noël ainsi qu'à vous présenter mes meilleurs vœux, ainsi qu'à vos familles et vos proches, pour l'année 2014.
 
Ces derniers temps, ce blog a un peu tourné au ralenti, et je m'en excuse. Il n'est pas toujours évident de concilier cette passion, que j'apprécie vous faire partager, avec les études, la vie privée et l'implication dans d'autres projets. L'année nouvelle venue, j'espère vous proposer de manière plus régulière une série d'articles qui, je le souhaite, vous intéresseront. Je tiens également à remercier tous les lecteurs, habitués ou de passage, puisque Royalement Blog a dépassé il y a peu le cap du million de visites!

22 novembre 2013

2e anniversaire du décès de la princesse Elisabeth

Cela fait aujourd'hui deux ans que la princesse Elisabeth est décédée au château de Fischbach. Née le 22 décembre 1922, elle est la seconde des six enfants de la grande-duchesse Charlotte et du prince Félix de Bourbon-Parme. Elle s'est mariée en 1956 avec le prince Franz-Ferdinand de Hohenberg. Deux filles sont nées de cette union : Anita en 1958 et Sophie en 1960. Très vite, le couple décide se séparer sans pour autant divorcer. La princesse est alors retournée vivre auprès de ses parents au grand-duché, y menant une vie très discrète. Après le décès de sa mère en 1985, elle s'installe au domaine du « Waasserhaf », en bordure de la forêt du château de Fischbach où elle ira rejoindre son frère, le grand-duc Jean, après la mort de son épouse Joséphine-Charlotte en 2005. Elle était la mémoire de la famille grand-ducale, elle qui aimait tant consulter les archives familiales. Elle s'est éteinte le 22 novembre 2011 à l'âge de 88 ans.  

 
(© Collection personnelle Valentin Dupont)
 

C'est l'occasion pour moi de vous faire partager cette archive issue de ma collection, datant de la seconde moitié des années 1980, où la princesse Elisabeth pose avec ses quatre premiers petits-enfants : (de gauche à droite) Charles-Louis de Potesta (1985), Alix de la Poëze d'Harambure (1981), Eleonore de Potesta (1984) et le comte Gaetan de la Poëze d'Harambure (1980). Trois autres suivront plus tard : le comte Gabriel de la Poëze d'Harambure (1987), Elisabeth de Potesta (1988) et le comte Raoul de la Poëze d'Harambure (1989).
 
Retrouvez des articles liés :
-
Hommage à la princesse Elisabeth de Luxembourg
- Dans l'intimité de Fischbach : le baptême d'Alix de la Poëze d'Harambure

4 novembre 2013

La grande-duchesse Marie-Adélaïde


Marie-Adélaïde, Thérèse, Hilda, Antoinette, Wilhelmine, est née le 14 juin 1894 au château de Colmar-Berg, sous le règne de son grand-père, le grand-duc Adolphe. Elle est la fille aînée du grand-duc héritier Guillaume de Luxembourg (1852-1912) et de la princesse Marie-Anne de Bragance (1861-1942). Cinq autres filles ont suivi : Charlotte en 1896, Hilda en 1897, Antonia en 1899, Elisabeth en 1901 et Sophie en 1902.


La grande-duchesse héritière Marie-Anne et ses filles Marie-Adélaïde et Charlotte 

A l'âge d'onze ans et demi, elle voit son père, déjà nommé en 1902 lieutenant-représentant, accéder au trône sous le nom de Guillaume IV en 1905. Le grand-duc est cependant de santé fragile. Déjà frappé par une attaque cérébrale en 1898, il en est de nouveau victime en janvier 1906. Marie-Adélaïde et certaines de ses sœurs se joignent alors à leur mère pour lui apporter de l'affection et des soins. Pour soulager sa belle-fille, la grande-duchesse douairière Adélaïde-Marie s'implique dans l'éducation de ses petites-filles, notamment du point de vue artistique. Entre 1908 et 1912, le professeur luxembourgeois Edouard Oster est le précepteur de Marie-Adélaïde.


Diminué, Guillaume IV tient tout de même à régler la question de sa succession. La loi salique est d'application au grand-duché, c'est d'ailleurs elle qui a permis l'avènement de la Maison de Nassau-Weilbourg au Luxembourg. Dans l'état actuel des choses, son successeur serait son cousin le comte Georges Nicolas de Merenberg, mais qui est né d'une union morganatique. Le 10 juillet 1907, il déclare donc sa fille aînée comme son héritière présomptive alors que les comtes de Merenberg sont jugés non-dynastes. Quatre jours auparavant, la Chambre avait écarté par une majorité écrasante la candidature Merenberg. Cette situation est confirmée le 25 février 1908 puisque Marie-Adélaïde est créée grande-duchesse héritière. Moins d'un mois plus tard, une lieutenance est instaurée au profit de la grande-duchesse Marie-Anne, prolongée en novembre par une régence.



Le grand-duc Guillaume IV s'est éteint le 25 février 1912. N'ayant pas encore atteint sa majorité, Marie-Adélaïde a seulement prêté serment devant la Chambre des députés le 18 juin 1912, sa mère avait continué d'assumer la régence. Auguste Laval, le président de la Chambre, déclara alors aux députés : « Considérons, Messieurs, comme d’un heureux augure pour l’avenir du Pays, la circonstance que la Grande-Duchesse Marie-Adélaïde est le premier de nos souverains né sur la terre grand-ducale, le premier qui y ait été élevée et qui, dès sa tendre jeunesse, ait respiré l’air du sol natal et appris à connaitre les idées, les aspirations et les traditions du peuple sur lequel il est appelé à régner ».

Le jour de son avènement, avec la baronne Preen

Depuis 1296 et le comte Jean l'Aveugle, c'est en effet le premier souverain à être né sur le sol luxembourgeois. Elle est par ailleurs la première femme à être souveraine au grand-duché depuis l'impératrice Marie-Thérèse. Sa jeunesse rompt également avec les deux règnes précédents : son grand-père est devenu grand-duc à 73 ans et son père n'a que très peu exercé effectivement le pouvoir. L'avènement de Marie-Adélaïde fait donc naître l'espoir d'une dynastie qui serait enfin intimement liée à la destinée du grand-duché et des Luxembourgeois. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que l'installation durable de la famille grand-ducale en son pays remonte seulement à 1906. 

Le jour de son avènement, suivie de la baronne Preen et de ses deux dames d'honneur, les comtesses Montgelas et Cacqueray

Lors sa prestation de serment, le grande-duchesse Marie-Adélaïde a prononcé un discours à l'accent social, qui ne passa pas inaperçu : « C'est le désir de juger conformément aux exigences de la justice et de l'équité qui inspirera tous mes actes. Le Droit et l'Intérêt général seuls me guideront ! [...] Juger juste, n'est-ce pas la Justice égale pour tous, mais aussi la Justice protectrice des humbles et des faibles ? L'inégalité économique croissante entre les hommes est la grave préoccupation de notre époque. La Paix sociale, si ardemment désirée, est restée jusqu'ici un fuyant idéal. Ne faut-il pas faire œuvre de rapprochement et de solidarité ? ». Ce discours augurait également la part active qu'elle désirait jouer dans les affaires luxembourgeoise, se distinguant de ses deux prédécesseurs.

En visite en Belgique, avec le roi Albert Ier et la reine Elisabeth

Moins d'un mois après son accession au trône, une loi est présentée à sa signature. Cette loi scolaire aura pour effet, notamment, de réduire le contrôle du clergé sur le système éducatif. Pieuse, pour ne pas dire dévote, c'est un problème de conscience pour Marie-Adélaïde d'y donner son consentement, elle qui est d'ailleurs souveraine « par la grâce de Dieu ». C'est avec réticence, en retardant ostensiblement sa promulgation, qu'elle y apposera finalement sa signature le 10 août 1912. Il s'agira de la toute première faute politique qui lui sera reprochée. Il faut reconnaître que la jeune grande-duchesse n'était pas très bien conseillée, notamment par sa mère qui avait accordé davantage d'attention à son éducation religieuse plutôt qu'à sa formation politique. Cette attitude ne sera pas tolérée par les partis anticléricaux, c'est-à-dire les libéraux et les socialistes, à une époque où ceux-ci ont le vent en poupe. Pour reprendre l'analyse de l'historien Gilbert Trausch : « [...] la gauche ne lui pardonna pas d'avoir pris le parti de la droite, quoiqu'à aucun moment Marie-Adélaïde ne soit sortie de ses attributions constitutionnelles »1.

Visite de la grande-duchesse Marie-Adélaïde à la reine Wilhelmine des Pays-Bas en 1914

Le 2 août 1914, l'armée allemande envahit le Luxembourg avec comme prétexte la protection du réseau ferroviaire qui se trouve sous administration allemande. Le grand-duché est un pays neutre, et ce depuis le traité de Londres de 1867. Marie-Adélaïde ainsi que son gouvernement ont envoyé des notes de protestation face au non respect de cette neutralité. Cependant, avec une armée incapable de faire le poids, les protestations n'ont pas été plus loin. Le grand-duché accepte d'ailleurs de plier à la volonté allemande de renvoyer les ambassadeurs français, belge et britannique. L'occupation militaire du pays a donc coexisté avec les autorités civiles luxembourgeoises. Cette cohabitation sera virulemment dénoncée après l'Armistice par les Alliés, et en premier lieu par la France, considérant cette situation comme pro-allemande. Il est également important de contextualiser : depuis 1842 le Luxembourg a rejoint le Zollverein, le réseau ferroviaire est sous administration allemande depuis une convention de 1872, la plupart des capitaux du secteur sidérurgiques viennent d'outre-Rhin, en 1913 les importations luxembourgeoises proviennent à 90% de l'Allemagne, et la Cour est essentiellement allemande. Tous ces éléments accroissent la perception d'une germanophilie de la part du Luxembourg et de sa souveraine.

Marie-Adélaïde reçoit le 6 septembre l'empereur Guillaume II en son palais. Elle recevra également le 16 août 1917 la visite privée du chancelier Hertling. Elle se dévoue au sein de la Croix-Rouge et est amenée à soigner des soldats provenant des deux fronts. En 1915, la grande-duchesse tarde à nommer les bourgmestres de Differdange et de Hollerich car ceux-ci sont des libre-penseurs et des anticléricaux. Le 12 octobre 1915, le Premier ministre Paul Eyschen, en place depuis 1888, décède et Marie-Adélaïde procède à la désignation le jour même de Mathias Mongenast, chargé de former un gouvernement. Celui-ci démissionne le 6 novembre car la grande-duchesse refuse de nommer son ancien précepteur, Edouard Oster, au poste vacant de directeur de l'Ecole Normale. Elle prend alors la décision de nommer un gouvernement exclusivement de droite, ne possédant pas la majorité à la Chambre (20 députés contre 32), avec comme Premier ministre Hubert Loutsch. Les partis de gauche votent alors une motion de méfiance. Dans l'impasse, Marie-Adélaïde décide de dissoudre la Chambre, provoquant un tollé chez ses opposants qui considèrent cette manœuvre comme un coup d'Etat. Les élections ont permis à la droite de gagner des voix, mais la souveraine dû se résoudre à assermenter un gouvernement de coalition.

Le 24 février 1916, le gouvernement Loutsch démissionne suite à un vote de méfiance. Une coalition gouvernementale rassemble alors catholiques, libéraux et socialistes, sous le Premier ministre Victor Thorn. Ce gouvernement sera lui aussi amené à démissionner. Le 19 juin 1917, Léon Kauffmann est le nouveau chef de gouvernement. En novembre 1917, la Chambre discute de divers sujets, dont l'article 38 de la Constitution concernant l'origine du pouvoir du souverain. Mais le gouvernement, composé de catholiques et de libéraux, a refusé que cet article soit soumis à révision, de peur de déplaire à la grande-duchesse. Ce gouvernement a laissé sa place le 28 septembre 1918 à une coalition réunissant cette fois-ci les quatre grands partis politiques, sous l'égide d'Emile Reuter.  


Sur le plan familial, il lui sera également reproché de s'être rendue en Allemagne en 1916 pour les funérailles de sa grand-mère, la grande-duchesse douairière Adélaïde-Marie. Elle sera critiquée pour avoir autorisé les fiançailles de ses sœurs Charlotte et Antonia, respectivement avec le prince Félix de Bourbon-Parme, qui servait dans l'armée autrichienne de son beau-frère l'empereur Charles Ier, et du prince héritier Rupprecht de Bavière. Tous ces éléments confortent dans leurs positions ceux qui sont farouchement opposés à la grande-duchesse Marie-Adélaïde.



Après l'Armistice, un vent révolutionnaire a soufflé sur le pays revendiquant notamment le renversement de la monarchie. Un soviet voit le jour à Luxembourg et les partis anticléricaux réclament un vote sur la question dynastique le 13 novembre. La majorité absolue sur le sujet est évitée grâce au vote négatif de trois députés du Freie Volkspartei et de trois autres députés qui se sont abstenus. Dès le 11 novembre, Marie-Adélaïde et son Premier ministre Reuter se sont entendus sur l'organisation d'une consultation populaire. Mais à la fin de l'année 1918, le gouvernement comprend que le trône ne pourra être sauvé qu'avec l'abdication de la grande-duchesse au profit de sa sœur Charlotte, une option dont ils savent qu'elle ne susciterait pas une réprobation française.



Le 23 décembre 1918, une délégation de ministres luxembourgeois se rend à Paris. Cependant, le ministre français des Affaires étrangères refuse de recevoir les « ministre de la Grande-duchesse ». Cet affront est surtout le résultat de manœuvres diplomatiques belges. Depuis 1839, il existe un courant annexionniste en Belgique à l'égard du Luxembourg, ayant à un certain moment propagé l'idée d'une union dynastique entre les deux pays, avec un Roi des Belges qui serait également Grand-Duc. Les libéraux n'y sont pas insensibles, par contre les socialistes préféreraient un rapprochement avec la France.

La grande-duchesse sortant en calèche
(Photo : Bibliothèque nationale de France)


Le 9 janvier 1919, faisant notamment suite à l'affront de Paris, un second vote sur la question dynastique est réclamé à la Chambre. Des troubles éclatent, la séance est suspendue, la droite quitte la Chambre alors que les partis anticléricaux proclament la république et se constituent en Comité de Salut Public. Le gouvernement devra faire appel à l'armée française pour calmer le jeu et maintenir les manifestations de rue. Le lendemain, la grande-duchesse Marie-Adélaïde rend publique sa décision, face à la pression, d'abdiquer le 15 janvier. La veille de l'abdication, une motion provenant de la gauche tentera de retarder l'accession au trône de Charlotte, mais elle fut rejetée.



Le 15 janvier 1919, Marie-Adélaïde abdique donc bien en faveur de sa sœur Charlotte. Ce changement a pour conséquence de réduire considérablement les tensions de la vie politique interne qui ont émaillé l'ensemble du court règne de la grande-duchesse Marie-Adélaïde. Diverses revendications sociales seront également accordées quatre mois plus tard, comme l'introduction du suffrage universel et son ouverture aux femmes. L'article 38 de la Constitution a également été modifié, ainsi le pouvoir émane désormais de la nation. La crise est complètement résolue avec le référendum dynastique du 28 septembre 1919, bien qu'il y eut des pressions belges pour le retarder. L'issue en fut favorable à 77,8% pour la grande-duchesse Charlotte. Les Luxembourgeois ont compris que leur indépendance passait inéluctablement par leur dynastie.



Le 18 janvier 1919, Marie-Adélaïde quitte le grand-duché, accompagnée à la frontière par sa mère Marie-Anne et trois de ses sœurs. Il s'agit d'un exil nécessaire si elle ne veut pas brouiller le début de règne de sa sœur Charlotte. Cette dernière a également décidé de congédier les membres de la Cour et de prendre ses distances avec sa mère. Après un tour d'Europe, Marie-Adélaïde s'installe le 14 septembre 1920 dans le couvent carmélite Sainte-Thérèse à Modène, en Italie. Ensuite, elle deviendra « Sœur Marie des Pauvres » auprès des Petites Sœurs des Pauvres de Rome. Cette vie austère sera incompatible avec sa frêle santé, certaines sources indiquent par ailleurs qu'elle aurait pu contracter une maladie en aidant les pauvres. Elle rejoint alors le château de Hohenburg, la propriété bavaroise qu'occupe sa mère Marie-Anne et ses sœurs, où elle décède le 24 janvier 1924, semble-t-il de l'influenza. Son corps a été inhumé dans la crypte du château. 


Le 17 octobre 1947, une délégation officielle luxembourgeoise s'est rendue à Hohenburg et a assisté deux jours plus tard à une messe célébrée par le chanoine Steffen avant que la dépouille de l'ancienne souveraine ne prenne la route pour le grand-duché le 20 octobre. Le convoi est reçu sur le pont de Remich par le prince Félix. Jusqu'à son arrivée dans la capitale, le corbillard est béni par chaque clergé local. A 16h, le convoi en retrouve un autre, celui de sa mère Marie-Anne, dont le corps a été rapatrié de New York où elle décéda en 1942, au niveau du parvis sud de la cathédrale Notre-Dame. De 18h à 22h, la foule est autorisée à se recueillir devant les deux cercueils. Le 22 octobre, un requiem a été célébré en présence de la famille grand-ducale, suivie de l'inhumation dans l'intimité au sein de la crypte.
__________________________
1. TRAUSCH G. (1975), Le Luxembourg à l'époque contemporaine (du partage de 1839 à nos jours), Luxembourg, Bourg-Bourger, p. 128

21 octobre 2013

Les timbres à l'effigie du roi Philippe

Ce 15 octobre, le Roi a signé les bons à tirer, dans les ateliers de Bpost à Malines, pour l'impression des timbres à son effigie. Il s'agit de trois types de timbres, dans un ton rouge pour la Belgique, bleu pour l'Europe et vert pour le reste du monde. Il s'agit d'une création de Valérie Paul, qui a choisi de travailler avec les pixels, sur base d'une photo prise en 2012 par Christian Lambotte. Ils seront disponibles à partir du 28 octobre. Au fil du règne, de nouvelles séries ordinaires verront le jour, évoluant avec le physique du souverain, sans oublier des émissions spéciales qui viendront célébrer des événements particuliers.

C'est l'occasion de retracer le parcours philatélique du septième Roi des Belges. Cela commence dès 1963 à l'occasion du centenaire de la Croix-Rouge Internationale. Le prince Albert étant alors le président d'honneur de l'antenne belge, la famille des princes de Liège illustre une série à surcharge. Les photos, prises dans le cadre intime, sont dues aux établissements Dotreville. Le jeune prince Philippe apparaît sur le premier timbre de cette série (40c. + 10c.) ainsi que sur deux autres timbres, semblables hormis la couleur, avec toute la famille durant une séance de lecture (3fr. + 1fr.).
Ensuite, il devra attendre longtemps avant de figurer à nouveau sur un timbre, alors que sa sœur Astrid se voit consacrer cet honneur en 1995 pour la Croix-Rouge. Les fiançailles du prince héritier avec Mathilde d'Udekem d'Acoz permettront à Philippe de réapparaître dans l'univers philatélique en 1999. Des photos prises pour le compte du quotidien "La Dernière Heure", lors de la présentation officielle de la future princesse à Laeken, ont illustrées alors un timbre de 17 francs, ainsi qu'un bloc, doté d'un timbre de 21 francs, où les époux sont entourés de leurs parents.

L'année suivante, le prince Philippe fête son 40e anniversaire. Il a décidé de mettre en avant le Fonds qui porte son nom, créé deux ans plus tôt, sur le timbre de 17 francs commémorant cet événement. Il s'agit d'une création d'Anne Velghe, connue notamment pour être à l'origine de la série de timbres représentant le roi Baudouin tout au long des années 1980.
En 2002, la princesse Elisabeth a un an. Destinée à devenir un jour la première reine des Belges, trois timbres sont imprimés en cette occasion. Les photos, prises dans le parc du château de Laeken, sont de Christian Lambotte, à l'origine du cliché qui a servi de base aux premiers timbres du roi Philippe. Le duc de Brabant apparaît avec sa femme et sa fille sur un timbre de 0,59€ ainsi que sur un bloc contenant un timbre de 0,84€.

Pour son 50e anniversaire, le Prince est une nouvelle fois mis à l'honneur. S'étant laissé pousser la barbe, à la demande expresse de Philippe, la poste belge sera obligée de modifier ses épreuves. Au final, c'est un graphisme de Jean Libert qui illustre cette émission spéciale, avec en arrière-plan le drapeau belge.
Et finalement, suite à l'abdication du 21 juillet, Bpost a émis un feuillet avec deux timbres, l'un avec le roi Albert II, l'autre avec le roi Philippe. La photo de Wim Robberechts a été prise en 2008 dans le cadre d'une séance familiale dans le parc du château de Laeken. Ce feuillet n'est uniquement disponible qu'à l'achat d'une carte, dont l'édition est limitée, destinée à également accueillir les trois timbres ordinaires du roi Philippe.

19 octobre 2013

Les 50 ans du prince Laurent

Le prince Laurent fête aujourd'hui son 50e anniversaire. A cette occasion, le Prince a donné une interview exclusive à... son épouse la princesse Claire! Une très belle initiative, d'un peu plus de 7 minutes, en français et en néerlandais, surtout pour mettre en lumière la Fondation Prince Laurent, mais aussi pour évoquer quelques éléments personnels.
 
Bon anniversaire Monseigneur !
 

9 octobre 2013

Le Palais Royal : le Salon aux pilastres

Nous continuons notre découverte du Palais royal de Bruxelles. Le Salon aux pilastres, datant de l'époque du palais édifié par le roi Guillaume Ier des Pays-Bas, a connu diverses affectations. D'abord une antichambre, cette pièce est devenue la salle à manger des dignitaires de la Cour.
 
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
 
 
Ensuite, ce lieu était connu comme le fameux Salon Bleu. Lors des grandes réceptions, cette pièce, d'une teinte bleue très pâle, accueillait les représentants de plusieurs grandes familles de la noblesse. Dénommés dès lors "Princes et Ducs du Salon Bleu", il s'agit par ordre de préséance de S.A.S. le prince d'Arenberg, S.A.S. le duc de Croÿ-Solre, S.A. le prince de Ligne, le prince de Merode, S.A.S. le prince de Lobkowicz, le prince de Chimay et de Caraman, S.A.S. le duc de Looz-Corswarem et de Corswarem-Looz, et le duc d'Ursel. Bien que cette tradition ait été supprimée au début de règne du roi Baudouin, ces "princes et ducs" continuent à jouir techniquement d'une place avantageuse au sein de l'ordre protocolaire national (n°32 pour les chefs de ces familles et n°80 pour les autres membres de ces familles).
 
 
 
Sous le règne du roi Baudouin, le Salon Bleu était richement décoré : des tableaux représentant la reine Louise-Marie, le prince souverain Carol Ier de Roumanie, le roi Frédéric-Auguste Ier de Saxe, un dessin sur papier illustrant la reine Elisabeth, des bustes du futur Léopold II (à l'âge de huit ans), de son frère Philippe (six ans), de sa sœur Charlotte (deux ans), et une statue équestre du roi Albert Ier, le casque couronné de lauriers, cadeau de la Chambre de Commerce de Namur à l'occasion de la Joyeuse Entrée de Léopold et d'Astrid après leur mariage.
 
 
 
Puis, jusqu'il y avait encore quelques années, un tableau de la reine Astrid portant une longue robe blanche, par Joseph Damien et Anne Rutten, ornait l'endroit. Une table était également dressée pour douze convives avec un service dit "aux oiseaux de Buffon" que le roi Léopold Ier avait commandé en 1833 à Frédéric Faber. Les pièces d'argenterie et les couverts, datant de 1828, arboraient le poinçon de Londres et les armes du prince Léopold de Saxe-Cobourg telles qu'il les portait à la Cour d'Angleterre. Le tout était complété par des cristaux graves et fleurettes, également de l'époque du premier souverain de la dynastie belge.
 
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
 
 
En 2010, à la demande de la reine Paola, l'antiquaire Axel Vervoordt, un ami du couple royal, a redécoré ce salon, à l'instar du Salon Louis XVI et du Salon des Maréchaux. Ces modifications ont été effectuées dans le cadre du Sommet Europe - Asie qui s'est déroulé au Palais royal en 2010. Durant cet événement, de nombreux espaces du premier étage, dont le Salon aux pilastres, ont servi à accueillir les délégations étrangères. Le visiteur peut désormais découvrir un salon à la décoration plutôt sobre : une petite table accueillant une remarquable pièce d'orfèvrerie, un tableau représentant Léopold Ier par Winterhalter datant de 1846, ainsi qu'une harpe et un pupitre ayant appartenus à la reine Louise-Marie.

17 septembre 2013

Le château de Königstein, ancienne résidence grand-ducale

Mariés en 1851, le duc Adolphe de Nassau et son épouse, née princesse Adélaïde-Marie d'Anhalt-Dessau, ont entrepris un voyage de noces qui les a notamment amenés dans la ville de Königstein im Taunus, à une vingtaine de kilomètres de Francfort. Le couple avait alors logé à l'ancien hôtel d'Amsterdam, dans la rue principale, et la duchesse de Nassau avait été charmée par cette bourgade. Si bien que sept ans plus tard, le duc Adolphe a acquis pour elle une modeste bâtisse. Cette maison de deux étages était à l'origine l'ancienne résidence officielle d'été des princes électeurs de Mayence. L'électorat était passé au duché de Nassau en 1803. Achetée en 1820 par Christian Dörr, c'est sa veuve qui l'occupa après sa mort et ensuite son fils, Georg Karl Dörr, l'a proposa à la vente. C'est le 9 avril 1858 que le duc Adolphe de Nassau en a fait l'achat pour très exactement 49.582 florins et 51 kreuzer. Le couple ducal, accompagné de leurs fils Guillaume, ont effectué leur entrée solennelle à Königstein le 5 septembre suivant.

Entrée du château surmontée d'un balcon portant le monogramme
d'Adélaïde-Marie rehaussé par la couronne ducale
Photo : Carl Friedr. Mylius, Histor. Museum Frankfurt a.M

L'ours gardant les armoiries
de Saxe et d'Anhalt
situé au-dessus d'un fronton
Dans les années qui ont suivi, quelques petits aménagements ont été décidés. Un terrain contigu a été acheté afin d'y installer les cuisines et des appartements pour le personnel. En 1866, le duché de Nassau est annexé par la Prusse. Bien que le duc Adolphe ait pu ensuite bénéficier d'un arrangement très avantageux, au niveau financier mais aussi sur la propriétés de plusieurs châteaux se situant dans l'ancien duché, se considérant comme un souverain exil, il décida de vivre désormais entre Vienne, Francfort et son domaine bavarois. Seul le château de Königstein a échappé à cette règle, même si c'était surtout Adélaïde-Marie qui y résidait volontiers, alors qu'Adolphe préférait le château de Hohenburg en Haute-Bavière, où il pouvait s'adonner à la chasse, sa grande passion.


Plan réalisé par Gédéon Bordiau en 1873
Entre 1875 et 1877, sur des plans établis par l'architecte belge Gédéon Bordiau, qui a d'ailleurs travaillé en 1890 pour l'extension du Palais grand-ducal, la propriété a connu diverses transformations visant à faire de cette demeure un petit château. Ainsi, une tour octogonale a vu le jour, tout comme des lucarnes décoratives. Une extension a été construite avec des briques importées de Belgique. Le coût total des travaux dépassait de peu les 140.000 florins. Le parc a été doté d'une roseraie, d'une fontaine et de serres contenant des plantes exotiques. Une maison de thé a fait son apparition quelques années plus tard.

Vues de l'intérieur vers 1910
Photos : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia)

Vues de l'intérieur vers 1910
Photos : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia)

Jusqu'au décès d'Adélaïde-Marie, l'édifice comprenait une soixantaine de pièces. Au rez-de-chaussée, se trouvaient notamment des salons, une salle à manger, deux bibliothèques et un fumoir. Le tout était richement orné de stucs et de colonnes de marbre. Au premier étage se trouvaient les appartements de la princesse Hilda de Nassau, fille du couple ducal, ainsi que plusieurs salles de bain, trois salles de séjour ou encore un jardin d'hiver. Artiste talentueuse, la duchesse de Nassau a installé son atelier de peinture au deuxième étage. Quant au grenier, il accueillait quatorze chambres destinées au personnel.


Atelier
Photo : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia

Atelier (© Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia)


Le château de Königstein fut un lieu de rencontre, où les membres des familles de Nassau, d'Anhalt et de Hesse étaient régulièrement conviés. Mais des invités très prestigieux s'y sont succédé, apparentés au couple ducal, comme durant l'année 1883 : le roi Christian IX et la reine Louise de Danemark, le roi Georges Ier et la reine Olga de Grèce, le roi Oscar II et la reine Sophie de Suède (beau-frère et demi-sœur du duc Adolphe), le roi Guillaume III et la reine Emma des Pays-Bas, ainsi que la tsarine Maria Feodorovna de Russie. L'année suivant, ce fut au tour de l'impératrice Elisabeth d'Autriche. C'était aussi depuis Königstein qu'Adolphe est parti pour le Luxembourg afin d'y effectuer en 1889 une première régence. Il est devenu l'année suivante le souverain du grand-duché.  

Arrivée de la famille en 1908
Photo : Margarete Birk

En novembre 1905, Adélaïde-Marie prit les habits de veuve à la suite du décès de son époux au château de Hohenburg. Sa propriété de Königstein devint alors son refuge et, faisant œuvre de charité et de mécénat, elle apparaissait comme la bienfaitrice de la ville. Les habitants firent également preuve de gratitude à son égard car elle continua à y faire venir des représentants d'autres maisons royales. Ainsi, le 21 août 1908, l'empereur Guillaume II y fit un passage très rapide mais néanmoins commenté. Il s'agissait de la première visite d'un Hohenzollern à la grande-duchesse Adélaïde-Marie depuis 1866 et l'annexion du duché de Nassau par la Prusse. La maîtresse de lieux appréciait également y recevoir sa fille Hilda et ses petites-filles, notamment Marie-Adélaïde et Charlotte à qui elle dispensait des leçons de dessin.

Fête des enfants organisée au château en 1905 en présence de trois petites filles d'Adélaïde-Marie
Photos : Franz Schilling, Königstein/Archiv Krönke Historia

C'est dans son château de Königstein que la grande-duchesse Adélaïde-Marie a rendu son dernier soupir, en pleine guerre, le 24 novembre 1916. La propriété est alors passée à sa fille, Hilda, l'épouse du grand-duc Frédéric II de Bade qui a perdu son trône au sortir de la Première Guerre mondiale. Elle a résidait pour la dernière fois à Königstein en 1951 avant de décéder l'année suivante à Badenweiler. N'ayant pas d'enfant, c'est la grande-duchesse Charlotte qui hérita du château. Les meubles précieux ont alors pris le chemin du château de Berg avant que le château ne soit vendu dans les années 1950. Achetés par la ville en 1970, les lieux abritent depuis 1981 les autorités judiciaires de Hesse. En souvenir de ses anciens occupants, le château est aujourd'hui appelé le Luxemburgisches Schloss

Les deux dames de Königstein : Adélaïde-Marie et Hilda

__________________
Sources principales :

- Ellengard Jung, « Dat Schloss "Koenigstein" », Königsteiner Burgfest, 2008, pp. 35-39
- Beate Großmann-Hofmann, Stadarchiv Königstein, « "Herrschaftliche" Besuche auf Schloss Königstein », Königsteiner Burgfest, 2008, pp. 63-65

15 septembre 2013

En attendant le mariage du prince Félix : interview des fiancés

Le mariage civil du prince Félix de Luxembourg et de Claire Lademacher se tiendra ce mardi 17 septembre à la Villa Rothschild Kempinski, à Königstein im Taunus en Allemagne. C'est le bourgmestre de Königstein, M. Leonhard Helm, qui officiera. L'arrivée des familles est prévue à 12h30. Etant invité à la Joyeuse Entrée des souverains belges à Mons, je ne pourrai suivre l'événement et je ne peux que vous diriger vers Luxarazzi ou Noblesse & Royautés. Royalement Blog vous proposera tout de même un article de circonstance : le château de Königstein, ancienne propriété de la famille grand-ducale.


C'est dans le sud de la France, en la basilique de Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, que se déroulera le samedi 21 septembre, à partir de 11h, le mariage religieux du deuxième fils du grand-duc Henri avec celle qui sera déjà depuis quelques jours la princesse Claire de Luxembourg. Présidée par l'archevêque de Luxembourg, Mgr. Jean-Claude Hollerich, la cérémonie accueillera plusieurs membres de familles régnantes et non-régnantes, ainsi que des personnalités politiques. A 13h, les invités seront conviés à une réception privée.

En attendant ces deux dates, je vous propose de découvrir l'interview que le couple a accordé au Luxemburger Wort (propos recueillis par Hülya Atasoy) :

Comment vous êtes-vous rencontrés et depuis quand êtes-vous un couple?

Prince Félix: Nous nous sommes rencontrés en 2001 en Suisse à l'internat international Beau Soleil à Villars-sur-Ollon. Nous fréquentions alors tous les deux cet établissement dans le cadre de nos études. Une grande amitié s'est développée au fil des années. Elle constitue le début et les bases de notre amour.

Savez-vous déjà où vous allez vous installer après le mariage?

Prince Félix: Je viens de finir mes études supérieures en obtenant un master en bio-éthique. Je dois à présent gagner moi-même ma vie et subvenir aux besoins de ma future famille.

Claire: En parallèle à la promotion à laquelle je travaille, nous avons décidé de nous installer dans le sud de la France et d'y exploiter un vignoble appartenant à notre famille.

Pourquoi votre mariage a-t-il lieu dans deux endroits et deux pays différents?

Prince Félix: La tradition veut que la cérémonie de mariage ait lieu dans le pays natal de la mariée. Nous avons souhaité conserver cette tradition et ainsi marquer une forme de respect envers la famille de ma future épouse. En outre, l'histoire de Königstein et celle de la famille grand-ducale sont liées, ce qui renforce la symbolique du choix de lieu du mariage.

Claire: Nous aimons nous souvenir des magnifiques vacances que nous avons passées dans la propriété de mes parents près de Lorgues ainsi que chez mes futurs beaux-parents à Cabasson, tous les deux, en famille ou entre amis. L'idée de nous marier en Provence est arrivée spontanément. Nous voulions prolonger ces moments précieux avec nos proches.

Pouvez-vous dévoiler à nos lecteurs combien de personnes sont invités à la noce?

Prince Félix: Nous attendons 370 invités.

Le voyage de noce est toujours un moment particulier dans la vie de jeunes mariés. Où allez-vous passer la vôtre?

Prince Félix: Nous partirons le lendemain de notre mariage et je me chargerai personnellement de l'organisation. C'est une tradition de notre famille de ne pas révéler le lieu du voyage de noce à la future mariée. Vous comprendrez donc que je ne dévoile rien de la destination.

11 septembre 2013

Naissance prochaine chez Marie-Christine et Rodolphe

Au mariage de l'archiduc Christoph en décembre 2012,
suivis par Imre et Kathleen qui attendent aussi un enfant
Photo : L'Est Républicain / Pierre Mathis
Lors du 90ème anniversaire en janvier 2011 de son grand-père, le grand-duc Jean, l'archiduchesse Marie-Christine avait dévoilé quelques rondeurs. Près de trois ans auparavant, le 6 décembre 2008, elle épousait à Malines le comte Rodolphe de Limburg Stirum. Et le 19 avril 2011, naissait à Buenos Aires en Argentine, là où le couple s'est installé après son mariage, le comte Léopold, Menno, Philippe, Gabriel, François-Xavier, Marie Joseph, Ghislain de Limburg Stirum.

Le 17 septembre prochain, son cousin le prince Félix se mariera civilement avec Claire Lademacher en Allemagne, suivi de l'union religieuse le 21 septembre dans le sud de la France. L'occasion d'y voir la fille aînée de la princesse Marie-Astrid de Luxembourg et de l'archiduc Carl-Christian afficher son charmant ventre rond? Peut-être pas. La seconde naissance, très prochaine, pourrait empêcher l'archiduchesse Marie-Christine d'assister aux noces. Le couple apparaît peu en public et n'a pas communiqué sur cette future naissance, mais c'est désormais presque impossible à cacher à l'heure des forums royaux spécialisés et des réseaux sociaux (comme pour l'archiduchesse Kathleen). Les rumeurs persistantes m'ont d'ailleurs été confirmées par des proches du couple. 

En tous cas Royalement Blog tient déjà à exprimer aux parents ses plus sincères vœux de bonheur!  

9 septembre 2013

Archives : à la Schueberfouer en 1988

La 673e édition de la Schueberfouer se clôturera ce mercredi 11 septembre. L'occasion d'évoquer ce rendez-vous festif luxembourgeois et de présenter des archives datant de septembre 1988.

 
De gauche à droite : le grand-duc héritier Henri, la princesse Pierre Galitzine, le prince Guillaume et la grande-duchesse héritière Maria-Teresa
Les enfants : le prince Félix, la princesse Tatiana, l'archiduchesse Marie-Christine, le prince Guillaume, la princesse Alexandra (dans la poussette), la princesse Xénia, l'archiduc Imre et le prince Louis
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 

Cette foire (« Fouer » en allemand) a été créée par une charte du 20 octobre 1340 de Jean Ier (1296-1346), dit l'Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême par mariage. Devant se dérouler à l'origine huit jours durant, dont le début est fixé en relation avec la Saint-Barthélemy le 24 août, la foire était initialement située au Schuedbuerg sur le plateau du Saint-Esprit. C'est d'ailleurs de ce lieu que proviendrait le nom de la foire, même si pour certains il est à rapprocher du terme allemand « Schober » désignant un endroit couvert pour stocker le foin. Ce marché placé au carrefour d'une importante route du commerce de l'Europe s'est ensuite appelé « Schuedbermis », puis « Schuebermëss » et enfin « Schueberfouer ».
 
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 
 
Ce grand marché, rejoint par la suite par un marché de bétail, a gardé sa forme originale jusqu'à la Révolution française. Si ce n'est qu'en 1610 cet événement a déménagé au Limpertsberg car le site était devenu trop petit. A partir du XVIIIe siècle, la foire a commencé à prendre les habits d'un lieu d'amusement avec notamment des jeux d'adresse et des concerts. En 1893, afin de permettre l'urbanisation du Limpertsberg, la foire a pris ses quartiers au champ du Glacis, lieu qui accueille encore aujourd'hui la Schueberfouer.

 
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 

Avec les années, la foire s'est étoffée et modernisée, si bien qu'elle est considérée aujourd'hui comme l'une des plus importantes d'Europe, accueillant en moyenne deux millions de visiteurs. Depuis plusieurs décennies, elle fait également le bonheur des jeunes générations de la famille grand-ducale. C'était le cas en septembre 1988 pour Guillaume, Félix et Louis, emmenés par leurs parents, le grand-duc héritier Henri et la grande-duchesse héritière Maria-Teresa. Accompagnés de leur oncle Guillaume, les petits princes avaient pu compter sur la présence de Marie-Christine et Imre, leurs cousins (enfants de la princesse Marie-Astrid et de l'archiduc Carl-Christian). Sans oublier la princesse Pierre Galitzine (née archiduchesse Maria-Anna), vivant alors au grand-duché avec sa famille, qui avait emmené ses filles, Xénia, Tatiana et Alexandra. L'occasion bien sûr de profiter des manèges en toute insouciance.
 
(© G. Mirgain/Collection privée Valentin Dupont)
 

31 août 2013

Le Palais Royal : le Salon Louis XVI

A l'origine un boudoir pour les dames, ce salon date du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. Par la suite, il deviendra un lieu de souvenir du roi Léopold Ier. En effet, les toiles et dessins qui ornent encore aujourd'hui les murs de ce salon proviennent du salon du roi Léopold Ier au château de Laeken.
Le souvenir du premier souverain de la dynastie est rappelé par un tableau de Liévin De Winne, représentant Léopold Ier en uniforme. Son grand amour, la princesse Charlotte de Galles, est évoqué au travers d'une allégorie de sa mort, emportée par des anges, la présentant avec son fils mort-né dans les bras. L'œuvre de William Arthur Davis montre d'ailleurs le château de Claremont dans le coin inférieur droit. Une autre toile représente le duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeld, le père de Léopold Ier, elle est attribuée à Johann Heinrich Schroeder. Trois œuvres évoquent les enfants du souverain : des dessins du duc de Brabant à l'âge de quinze ans (futur Léopold II) en 1850 et du comte de Flandre à treize ans en 1851, tous deux exécutés par Félix Genaille, ainsi qu'une statuette en marbre de Guillaume Geefs datant de 1842 et représentant la princesse Charlotte, âgée de deux et demi. L'enfant préférée du souverain tient un bouquet.  
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
Deux toiles qu'appréciaient particulièrement le souverain, amenées de son salon de Laeken, se trouvent dans cette pièce. Il s'agit du roi Salomon encensant une idole, un tableau attribué à Willem De Poorter, ainsi que de la lapidation de Saint-Etienne. Ce dernier a été acheté par Léopold Ier alors qu'il était encore prince. Peint au XVIIe siècle d'après une œuvre de Pierre-Paul Rubens, son auteur n'est pas connu. Il est censé avoir été sérieusement endommagé lors de l'incendie du château de Laeken en 1890. Mais quelques années plus tard il a pu être restauré et réentoilé.
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
Immanquable, un piano de la seconde moitié du XIXe siècle de la marque Klems de Düsseldorf rappelle le goût pour la musique du roi Léopold Ier. Cette pièce exceptionnelle est en ébène avec incrustations de cuivre et de pierres semi-précieuses. Un autre élément de la pièce mérite que l'on s'y attarde : un pliant d'époque Louis XVI. Il s'agit d'un siège en bois doré, aux balustres croisées et aux larges patins, provenant d'une série destinée à la chambre du roi Louis XVI au château de Compiègne. Transféré aux Tuileries sous l'Empire, cet ensemble a trouvé place en 1805 dans le Grand Salon de l'Impératrice au château de Laeken.

(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)

En 2009, avec le Salon Léopold Ier et le Salon des Maréchaux, ce lieu a été rénové de fond en comble. La Liste Civile du roi Albert II avait alors réservé 600.000 euros pour les travaux de rénovation du Palais royal, s'appliquant à d'autres lieux que ces trois salons, qui devaient être menés en vue d'accueillir le Sommet Europe - Asie en octobre 2010. Dans le cadre de cet événement international, des salons du premier étage, y compris ce Salon Louis XVI, ont été mis à disposition des délégations étrangères comme lieux de réunion et espaces de travail.

(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)

La reine Paola, comme toujours dans ce domaine, a laissé son empreinte dans la décoration de ce lieu. Le Salon Louis XVI a été repeint dans un ton bleu et une œuvre de l'artiste flamand Michaël Borremans a fait son apparition. Elle rappelle le thème des laquais déjà utilisé pour une série de cinq tableaux, une commande de la reine, se trouvant dans le Salon des Maréchaux. Mais ici il ne s'agit pas d'une peinture, mais d'un film. D'autres éléments ont également été incorporés sur un meuble : un dessin représentant, alors jeune, la reine Elisabeth, une photo de la souveraine, par Alban, où elle pose avec ses petits-enfants, Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert, et enfin une célèbre et émouvante photographie de la reine Astrid et du prince Baudouin signée R. Marchand. Signalons encore le buste de la reine Elisabeth sur le cheminée, élément supplémentaire associant l'évocation de cette souveraine à celui de la musique.